Olga Tokarczuk

Olga Tokarczuk est née en 1962 en Silésie ; elle a étudié la psychologie à l’Université de Varsovie. Romancière la plus célèbre de sa génération, elle est l’auteur polonais contemporain le plus traduit dans le monde. Elle a reçu de nombreux prix littéraires. Cinq de ses livres, succès auprès des critiques et des lecteurs polonais, ont déjà été publiés en France chez Robert Laffont, et Noir sur Blanc.

Dieu, le temps, les hommes et les anges (Robert Laffont, 1998)

Olga Tokarczuk nous raconte l’histoire d’Antan, paisible village polonais. Tout y semble très ordinaire, mais le châtelain se laisse envoûter par le jeu du labyrinthe que lui a offert un rabbin, un homme se transforme en bête et les âmes des morts errent sur le bourg jusqu’à se croire vivantes. Des animaux parlent à une vieille folle qui grimpe sur une colline les soirs de pleine lune pour invectiver l’astre qui lui a volé son époux et ses enfants. Un récit où les petites histoires se transforment en contes, en paraboles, en fragiles instants de vérité.

Maison de jour, maison de nuit (Robert Laffont, 2001)

En Basse Silésie, aux confins de cette vieille Pologne, les paysages sont baignés dans un halo de brume grisâtre. La terre détrempée et boueuse se mêle au ciel bas et sans cesse pluvieux qui s’abat comme une chape de plomb sur des êtres sombres et presque sans vie. Tout ici semble avoir un goût âcre de terre. Dans cet univers où même les ténèbres sentent l’humidité et le purin, il est une saison unique : l’automne avec ses odeurs de moisi et d’alcool qui imprègnent les âmes. Les hommes d’ici, pareils à ces paysages obscurs, semblent traverser une nuit souterraine, froide et sans sommeil. Les quelques mots échangés parfois, l’alcool souvent, les rêves aussi, sont autant de rayons de soleil auprès desquels les cœurs se réchauffent. À travers ces portraits banals et usés, parfois extraordinaires, avec cette langue brillante où l’ironie loufoque côtoie la poésie, Olga Tokarczuk attire son lecteur dans un abîme envoûtant pour se jouer de lui.

Récits ultimes (Noir sur Blanc, 2007)

Récits ultimesIda, Parka, Maya. Une femme mûre, une très vieille femme et une jeune mère, la femme d’aujourd’hui, affrontent chacune à sa manière le monstre du Temps. Elles sont la grand-mère, l’arrière-grand-mère et la mère d’un même petit garçon, mais la famille s’efface dans l’instant de pure solitude qui les confronte à la mort. Trois récits composent ce beau roman, où le mythe des trois Parques trouve un écho subtil.
Après un accident de voiture, Ida marche dans la nuit jusqu’à la maison d’un vieux couple. Elle y passera plusieurs jours à tourner en rond, incapable de se ressaisir. Découvrant une grange qui sert de mouroir aux animaux malades, elle songe à sa propre fin, à cette mort entrevue qui reviendra la prendre.
Sa mère, Paraskewia, dite Parka, est une Ukrainienne exilée en Pologne. Son mari vient de mourir, il neige, et leur maison est coupée du monde. Alors, sur le flanc de la montagne, elle trace avec ses pieds un message pour ceux d’en bas, en lettres immenses : PETRO EST MORT I Lorsqu’elle achève le point d’exclamation, elle a déroulé en pensée le film de sa vie.
Enfin il y a Maya, la fille unique d’Ida, qui séjourne en Malaisie avec son garçon de onze ans. Elle est censée préparer une brochure touristique, mais son voyage ressemble davantage à une fuite, au contrecoup d’une blessure intime.

Les Pérégrins (Noir sur Blanc, 2010)

En une myriade de textes courts, Les Pérégrins, sans doute le meilleur livre d’Olga Tokarczuk, compose un panorama coloré du nomadisme moderne. Routards, mères de famille en rupture de ban, conducteur de ferry qui met enfin le cap sur le grand large : qu’ils soient fuyards ou conquérants, les personnages sont aux prises avec leur liberté, mais aussi avec le temps. Et ce sont les traces de notre lutte avec le temps que relève l’auteur aux quatre coins du monde : depuis les figures de cire des musées d’anatomie jusqu’aux méandres de l’Internet, en passant par les cartes et plans.
À travers les lieux et les non-lieux de ses voyages, Olga Tokarczuk a rassemblé des histoires, des images et des situations qui nous éclairent sur un monde à la fois connu et absolument mystérieux, mouvant réseau de flux et de correspondances… Sans jamais nous laisser oublier que « le but des pérégrinations est d’aller à la rencontre d’un autre pérégrin ».

Sur les ossements des morts (Noir sur Blanc, 2012)

Après le grand succès des Pérégrins, Olga Tokarczuk nous offre un roman superbe et engagé, où le règne animal laisse libre cours à sa colère. Voici l’histoire de Janina Doucheyko, une ingénieure en retraite qui enseigne l’anglais dans une petite école et s’occupe, hors saison, des résidences secondaires de son hameau. Elle se passionne pour l’astrologie et pour l’œuvre de William Blake, dont elle essaie d’appliquer les idées à la réalité contemporaine. Aussi, lorsqu’une série de meurtres étranges frappe son village et les environs, au cœur des Sudètes, y voit-elle le juste châtiment d’une population méchante et insatiable.
La police enquête. Règlement de comptes entre demi-mafieux ? Les victimes avaient toutes pour la chasse une passion dévorante. Quand Janina Doucheyko s’efforce d’exposer sa théorie – dans laquelle entrent la course des astres, les vieilles légendes et son amour inconditionnel de la nature –, tout le monde la prend pour une folle. Mais bientôt, les traces retrouvées sur les lieux des crimes laisseront penser que les meurtriers pourraient être… des animaux !

Cette fiche a été réalisée grâce aux sites des éditions Noir sur Blanc et Culture.pl (en anglais).

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