Adam Zagajewski

Né en 1945, à Lwow (aujourd’hui en Ukraine), Adam Zagajewski est poète, romancier et essayiste polonais. Chef de file de la « Nouvelle Vague » polonaise en 1968, il fait partie des écrivains polonais contemporains les plus reconnus. Professeur visiteur à l’université de Chicago, il co-édite la revue Zeszyty literackie, publiée à Varsovie. Après vingt ans passés à l’étranger, il est rentré à Cracovie en 2007.

Il a reçu de nombreux prix, entre autres le Prix international de littérature Neustadt et le Prix germano-polonais Samuel Linde. Son nom est évoqué régulièrement parmi les outsiders possibles pour le Prix Nobel de littérature.

Ses écrits sont publiés en France chez Fayard.

Solidarité, solitude (Fayard, 1986)

Si vous êtes né(e) dans un pays devenu totalitaire, une question grave se pose: comment vivre l’Histoire, comment  » quitter la maison d’esclavage « ?
En défilant avec des étendards, en chantant des chants pleins de colère, des hymnes de vengeance, en montrant le poing à l’oppresseur?
« On peut encore quitter la maison d’esclavage en filant à l’anglaise, sans prendre congé, habillé comme pour une promenade dans les environs, un volume de poésie glissé dans la poche de son blouson. Le matin est clair, il annonce une belle et longue journée. »

Coup de crayon (Fayard, 1987)

Coup de crayonHenryk Oset, jeune dessinateur polonais, a obtenu une bourse de séjour à Berlin-Ouest. Son récit commence alors que le train traverse les banlieues de la grande ville. Douane, un peu d’angoisse (n’a-t-il pas perdu son passeport?), puis promenades dans Berlin, rencontres avec des intellectuels et des artistes désabusés ou frénétiques, visite d’une exposition de peinture où un navire, minutieusement décrit avec tous ses passagers, sombre pour l’éternité…
Vingt-cinq épisodes, ou vingt-cinq tableaux, dans lesquels, pour la première fois, un écrivain d’Europe de l’Est décrit sans grossir le trait les difficultés de communication concrètes entre l’Est et l’Ouest: l’Européen de l’Ouest ne dispose pas de références implicites qui lui permettraient de comprendre le jeu d’une « vie normale dans des circonstances anormales »; l’Européen de l’Est n’arrive pas à admettre que les « excès » qu’il constate à l’Ouest ne sont que le jeu d’une « vie normale dans des circonstances anormales ».

Palissade, marronniers, liseron, Dieu (Fayard, 1989)

80 poèmes du plus jeune des trois grands poètes polonais de l’après-guerre. Zagajewski trouve dans la culture (européenne) et dans l’art un réconfort, une compensation aux horreurs de la réalité historique. Contient des poèmes parus en polonais dans List, Oda do wielosci et dans Jechac do lwowa ainsi que plusieurs poèmes inédits

La Trahison (Fayard, 1993)

« La vie est une trahison. Tous ceux qui ont une âme immortelle et ont accepté de vivre sont des traîtres. Il n’existe pas de forme de vie qui réponde aux postulats de l’immortalité. Il n’y en a pas. Vivre, c’est trahir ce qu’il y a en nous de plus précieux. L’amour trahit l’amour, car il doit être moins bien qu’un rêve, qu’un songe d’amour. Les héros sont vaniteux et les génies paresseux. Les maîtres se transforment en monstres, même les meilleurs d’entre eux. Les princes sont pleins de morgue. Même les meurtriers recherchent l’approbation. Hebbel a dit des suicidés : « Qui peut se tirer une balle dans la tête ne se pendra pas. » Les marchands trompent sur le poids de la marchandise et les philosophes sur les arguments. Les poètes sombrent dans le désespoir alors qu’ils proclament la joie. Et vous savez quelle est la hiérarchie en vigueur chez les mendiants ? Des femmes belles se fardent le visage. Des pasteurs martyrisent leurs propres enfants. Des banquiers volent de l’or. Vivre c’est trahir, c’est être en dessous des valeurs, en dessous des exigences. »

Mystique pour débutants et autres poèmes (1999)

On peut écouter quelques-uns des poèmes de ce recueil sur le site de France Culture.

Dans une autre beauté (Fayard, 2000)

Né à Lwow en 1945, Adam Zagajewski partit, dans les années soixante, faire ses études à l’université Jagellonne de Cracovie. Habitant désormais à Paris, il se penche sur cette période de sa vie, se souvient de ses promenades solitaires, de ses journées passées à la bibliothèque, de ses professeurs, de ses rencontres. Il a longtemps vécu «dans une autre beauté », trouvée avant tout dans la ville de sa jeunesse. Même la laideur, la médiocrité et la grisaille socialistes n’en ont pas terni l’éclat : «Une ville douce, à l’aube, à l’heure où dorment geôliers et prisonniers. Une ville douce, incertaine de son nom. Le soleil se lève gravement. Le silence règne, les premières ombres se couchent avec précaution sur l’asphalte froid.» C’est vers elle qu’il nous entraîne irrésistiblement dans cet essai où tout n’est pas nostalgie mais où la prose s’entrecroise avec la poésie, où les portraits savoureux (Pszoniak, Michnik) alternent avec les aphorismes, les réflexions philosophiques et les considérations sur la littérature, la musique, l’art.

 De la ferveur (Fayard, 2008)

« Il est tentant de voir la poésie comme un des quelques véhicules importants qui nous emportent vers le haut ; et de comprendre que la ferveur précède l’ironie. La ferveur, ce chant ardent du monde auquel répond notre chant imparfait.
« Nous avons besoin de la poésie tout comme nous avons besoin du Beau (même s’il existe, à ce qu’on raconte, des pays d’Europe où ce mot est strictement interdit). Le Beau n’est pas pour les esthètes, le Beau est pour tous ceux qui cherchent une voie sérieuse ; c’est un appel, une promesse, ce n’est probablement pas une promesse de bonheur, comme le voulait Stendhal, mais celle d’un grand voyage interminable. »
Dans les textes écrits entre 1993 et 2001 qui composent ce recueil, Adam Zagajewski nous livre ses impressions poétiques et artistiques avec l’intelligence, la sincérité et le talent qui le caractérisent.

 

Cette fiche a été réalisée grâce au site des éditions Fayard.

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